Fin de la 2G / 3G : comment vérifier que vos PTI transmettent encore l’alerte

Tour réseau, 2G, 3G réseau téléphonique

Pour vérifier vos équipements de protection du travailleur isolé (PTI), testez séparément la transmission de l’alerte et l’appel vocal sur chaque lieu d’intervention, après la coupure du réseau concerné. Avant la coupure, inventoriez chaque dispositif d’alarme pour travailleur isolé (DATI) et demandez au fournisseur une confirmation écrite de sa compatibilité 4G et VoLTE, c’est-à-dire les appels vocaux sur la 4G. Un appareil qui s’allume ou affiche un réseau ne prouve pas que toute la chaîne d’alerte fonctionne.

Avant la coupure, identifier chaque appareil et son réseau

La méthode proposée ici est une précaution de vérification du parc, pas une procédure officielle imposée. Préparez une fiche par appareil, plutôt qu’une seule fiche par modèle : les versions logicielles et les cartes utilisées doivent aussi être vérifiées.

Pour chaque appareil, relevez :

 

  • l’identifiant du matériel et sa version logicielle ;
  • les réseaux pris en charge : 2G, 3G, 4G et VoLTE ;
  • la carte SIM et les opérateurs accessibles ;
  • les lieux d’utilisation, y compris les locaux intérieurs ;
  • le destinataire de l’alarme et le circuit prévu pour l’appel vocal.

 

Demandez au fournisseur de confirmer ces éléments par écrit. La bonne solution dépend du matériel, du réseau accessible et des lieux de travail : une mise à jour peut être envisageable sur certains modèles, tandis qu’un remplacement sera à étudier pour d’autres.

 

Associer chaque zone à la bonne date

 

L’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, publie le calendrier des opérateurs. La date locale de coupure doit servir de repère pour programmer l’essai.

 

Opérateur

Calendrier d’arrêt de la 2G en métropole

Orange

Arrêt par étapes du 31 mars au 20 octobre 2026 selon les zones. Arrêt terminé au 20 octobre, sauf dans les zones blanches réglementaires, où l’accès prend fin entre le 1er et le 15 décembre 2026.

Free Mobile

Même calendrier qu’Orange, sans réseau 2G propre.

SFR

Arrêt prévu le 15 novembre 2026.

Bouygues Telecom

Arrêt le 15 novembre 2026 à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy. Généralisation du 1er au 15 décembre 2026.

Une zone desservie par Orange a donc pu perdre la 2G bien avant le 20 octobre 2026. Faites préciser la date applicable à chaque lieu par le fournisseur.

 

Les calendriers sont différents outre-mer. Ne transposez pas les dates de métropole aux appareils utilisés dans ces territoires.

Faire confirmer l’alarme et la voix séparément

La mention « compatible 4G » ne suffit pas à valider l’appel vocal. La prise en charge de la VoLTE doit aussi être confirmée pour le modèle et sa configuration.

 

Sur certains modèles, une mise à jour logicielle peut activer la VoLTE. Une mise à jour ne dispense pas d’un essai complet après son installation.

 

Point à vérifier

Risque à écarter

Contrôle à demander au fournisseur

Transmission de l’alarme

L’appareil dépend encore d’un réseau arrêté.

Confirmer le réseau utilisé pour envoyer l’alarme après la coupure.

Appel vocal

L’alarme arrive, mais la conversation ne peut pas s’établir.

Confirmer la VoLTE et les conditions de passage ou de réception de l’appel.

Réception au poste de surveillance

L’appareil émet, mais l’alarme n’arrive pas au destinataire prévu.

Confirmer la réception effective et l’identification de l’appareil.

Levée de doute

Le poste de surveillance ne peut pas joindre le porteur.

Vérifier le rappel, le dialogue et la procédure en l’absence de réponse.

La levée de doute consiste à joindre le salarié pour vérifier sa situation. Selon l’INRS, lorsque la levée de doute passe par le DATI lui-même, une panne du DATI supprime aussi ce moyen de dialogue.

 

Après la coupure, réaliser un essai sur chaque lieu

Selon l’Arcep, la 4G couvre plus de 99,9 % de la population métropolitaine. Cette couverture ne garantit pas la transmission au poste de travail, notamment dans les bâtiments.

 

Convenez d’un créneau d’essai avec le poste de surveillance pour éviter une mobilisation injustifiée des secours. Réalisez ensuite le contrôle avec chaque appareil, dans les conditions habituelles d’utilisation.

 

  1. Vérifiez l’état de l’appareil. Contrôlez la batterie et les indicateurs prévus par la notice.
  2. Déclenchez une alerte d’essai selon la procédure convenue.
  3. Faites confirmer la réception par le destinataire prévu.
  4. Testez l’appel vocal et vérifiez que chaque interlocuteur entend l’autre.
  5. Faites vérifier la localisation reçue et les consignes associées.
  6. Consignez le résultat, puis recommencez dans les autres zones d’intervention.
  7. Pour une carte multi-opérateurs, demandez au fournisseur comment identifier le réseau effectivement utilisé pendant l’essai. Un essai réussi sur un réseau ne valide pas à lui seul les autres réseaux accessibles.

 

Conservez une trace simple : appareil, date, lieu précis, opérateur constaté, réception de l’alarme, qualité du dialogue, localisation et anomalie éventuelle. Un résultat obtenu dans la cour ne valide pas un sous-sol ou un local fermé.

 

En cas d’échec, maintenir le suivi et corriger

Ne considérez pas l’appareil comme validé si l’alarme arrive sans possibilité de dialogue, ou si le résultat varie selon les zones. Transmettez le compte rendu au fournisseur pour examiner le matériel, le logiciel, la carte SIM et la réception des alertes.

Après toute correction, refaites l’essai sur place. Le choix entre mise à jour, remplacement ou adaptation de l’organisation dépend du défaut constaté.

 

En France, l’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre « les mesures nécessaires » pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Le DATI complète l’organisation de suivi sans la remplacer.

 

Tant que la transmission n’est pas validée, maintenez des rendez-vous de suivi adaptés à la situation. Sans alarme possible, l’INRS rappelle que les secours ne partent qu’au prochain rendez-vous de suivi manqué.

 

Prévoir les contrôles suivants sans attendre une panne

Une notice de montre PTI demande de vérifier avant chaque utilisation les indicateurs de bon fonctionnement, notamment la batterie. Les voyants de réseau, de connexion de données et de disponibilité des détections doivent être interprétés selon la notice du modèle.

 

Les recommandations de tests périodiques parlent de contrôles « réguliers », sans fréquence chiffrée générale. Définissez votre rythme selon la notice, les lieux d’utilisation et l’organisation du travail ; l’essai après coupure reste une précaution.

 

Nos dispositifs en service fonctionnent en 4G avec une carte SIM multi-opérateurs et prennent en charge la VoLTE. Doomap a présenté sa position dans son communiqué de presse sur la fin de la 2G, publié sur L’Usine Nouvelle. La liaison au centre de téléalerte est disponible 24 h/24 et 7 j/7 ; les essais doivent donc vérifier aussi la réception de l’alarme et le rappel du porteur.

 

Pour préparer les essais d’alerte et de voix sur vos sites, vous pouvez faire le point avec Doomap sur les besoins de votre parc.

Questions fréquentes

Un appareil qui fonctionne encore en 3G peut-il rester en service durablement ?

 

Un essai réussi en 3G ne valide pas le fonctionnement futur en 4G. L’arrêt de la 3G est annoncé pour 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom ; la date de Free Mobile n’est pas encore annoncée.

 

La couverture des appels vocaux va-t-elle reculer ?

 

Dans son communiqué du 30 mars 2026, l’Arcep indique que les opérateurs disposent des moyens de gérer l’extinction sans régression de la couverture voix pour les terminaux compatibles VoLTE. Cette appréciation ne garantit pas la réception dans chaque local : l’essai au lieu de travail reste le contrôle à privilégier.

 

Le remplacement du matériel suffit-il ?

 

Non : le nouvel appareil doit transmettre l’alerte, permettre la localisation et s’inscrire dans une procédure de prise en charge. La réception au poste de surveillance et le dialogue avec le porteur doivent aussi être testés.

 

Un autotest au démarrage remplace-t-il l’essai sur place ?

 

Un fabricant annonce, pour certains modèles configurés à cet effet, un autotest à chaque mise sous tension pouvant aller jusqu’à un accusé de réception du centre d’alarme. Cette fonction annoncée ne démontre pas à elle seule que l’appel vocal et la localisation fonctionnent dans chaque zone d’intervention.